Un stylo dans la tête

Résumé

Un stylo dans la tête - afficheVictor Aubrac est un auteur de théâtre à succès, possédant un talent aussi incroyable que son égo. Pour sa prochaine pièce, il a choisi de s’inspirer des petites manies et des grandes tares de quelques amis de sa femme. Cependant angoissé par leurs éventuelles réactions, il décide de les inviter à dîner pour leur faire part de ce nouveau projet. Un projet qui ne va clairement pas plaire à tout le monde…

Affiche : Angèle Simoulin

Les personnages

Victor Aubrac / Marc Lamaison

Capture d’écran 2013-03-25 à 18.18.44   Chers amis, je suis auteur de comédies à succès. Mais est-il seulement besoin de me présenter ? RomanceMarée BasseAdèle, tous des chefs d’œuvre, dont je suis l’habile auteur. Un auteur à l’imagination ultra-débordante. C’est du moins ce qu’en disent les critiques. Mais si j’arrive si facilement à donner de la couleur à mes pièces, à mes personnages, c’est uniquement parce que je puise mes idées dans le monde qui m’entoure. Je ne me sépare d’ailleurs jamais de mon carnet, dans lequel je couche toutes les idées qui me passent par la tête, avant qu’elles ne s’évaporent. J’y note des concepts de personnages, des répliques potentiellement utilisables, des situations à exploiter. Je mélange réalité et fiction, et cette recette a toujours fait un triomphe. Aujourd’hui, j’ai décidé de lever le voile sur la source de mon inspiration. Finis les éloges de mon esprit fécond, à présent tout le monde saura le secret de mon succès, et ce par le biais de ma nouvelle création : « Houlgate ». « Houlgate », une pièce dont les personnages ne sont autres que les amis de ma femme. D’ailleurs c’est ce soir que je le leur annonce officiellement, tiens. Je ne me fais pas de souci, tout se passera bien. En revanche, je suis impatient de recevoir  la réponse de la Comédie-Française, qui devrait arriver d’une minute à l’autre…

Adeline Aubrac / Angèle Simoulin

Capture d’écran 2013-03-28 à 14.51.58   Pas facile d’être l’épouse du grand et talentueux Victor Aubrac ! C’est qu’il faut supporter son caractère, son égo surdimensionné, ses obsessions… Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas en sa compagnie ! On a vécu tellement de choses tous les deux. Nous avons fait plusieurs fois le tour du monde pour remettre des tas de prix littéraires, mangé dans les plus grands restaurants, dormi dans les plus grands hôtels, passé une soirée de nouvel an dans un service d’urgences… Je pensais que j’avais déjà tout vu avec lui, mais c’était sans compter sur son imagination et sa capacité à me surprendre ! Sa dernière idée d’écrire une pièce sur mes amis ne me plaît pas du tout ! Je les connais bien, et je suis sûre qu’eux non plus ne vont pas apprécier ! Et Victor aussi, je le connais et à mon avis, je ne suis pas au bout de mes surprises…

Olga / Malvina Prault

Un stylo dans la tête - MalvinaCa me fait chier. Oui, prendre trois métros et un taxi pour aller chez Victor et Adeline, ça me les brise. Alors, en plus, apprendre que Victor, auteur dont l’arrogance n’a d’égal que la taille de son ego, s’est servi de nos vies pour écrire une pièce. .. Dans le genre gonflé, ça se pose là !
Il paraît que dans sa pièce, il me décrit comme la reine des emmerdeuses… MOI ?! Une chieuse ? Non mais, sérieusement, est-ce que c’est de ma faute si mon caractère un peu fort repousse la gent masculine ? Si je ne trouve pas de travail ? Suis-je responsable de ma chialeuse de sœur et de son encombrante dépression ? Non. Je n’y peux rien. Alors, oui, je râle un peu. Je bougonne. A la limite, on pourrait juste me décrire comme une battante, faire de moi le symbole d’une génération de femmes fortes. Je n’ai rien de « l’emmerdeuse » que Victor décrit.
D’ailleurs, je vous préviens : le premier qui me fait chier avec sa pièce, il va voir de quoi elle est capable, la femme forte. Non mais oh !

Karen / Elise Simoulin

Moi c’est Karen. Je suis une grande avocate, une mère attentionnée et une mangeuse de chocolat invétérée. Mais ça, tout le monde s’en fout. Et ça, parce que je suis malade, je suis une grande malade. Ma dépression dure depuis 5 longues années. L’hôpital est devenu mon endroit préféré, et les cachets ma seule source de bonheur. Bien sûr, depuis le temps, je me soigne. Mais je ne suis rassurée qu’une fois mes antidépresseurs près de moi, sans compter que le moindre petit choc me ferai replonger. Tout cela fait évidemment beaucoup rire mes amis qui ne prennent pas ma maladie très au sérieux. Ou ils s’en plaignent, comme si ce n’était pas déjà assez difficile pour moi. C’est donc avec le peu d’énergie qu’il me reste que je dois faire face aux évènements avec cynisme pour ne pas me laisser surmonter par la dépression. Ce n’est pas parce que je suis malade que je vais me laisser marcher sur les pieds, je suis encore tout à fait capable de me défendre. Ça doit être des restes de mon métier, enfin, je crois, après 5 ans d’arrêt maladie, il ne me reste plus que quelques bribes de lois et de procédures de temps en temps.

Raphaël / Nicolas Aubert

Capture d’écran 2013-03-25 à 18.18.55« Quatre consonnes et trois voyelles, c’est le prénom de Raphaël »… Bon, vous connaissez la chanson ! Dans mon métier de galeriste, il faut avoir du goût pour les belles choses et c’est quand mes amis me laissent redécorer leur appartement que j’exprime pleinement toute ma sensibilité artistique ! Victor et Adeline, Sabine et Raoul, Olga et Karen, tout le monde y est passé ! Mais je n’ai pas qu’une âme d’artiste ! Au delà de cet humour et de cette bonne humeur qu’on me connaît, j’ai aussi mes problèmes ! Et des problèmes d’hommes… d’hommes du 21ème siècle : cheveux secs, excès de sébum, peau sensible, ridules aux coins des yeux et… ah oui, la peur d’annoncer mon homosexualité à mes parents…

Raoul / Vincent Décaudin

IMG_0122Surtout, soyez discret. Je suis un agent d’un ministère : les Affaires sociales et familiales. Et qui dit ministère dit discrétion. Bon, je suis tout en bas de l’échelle : standardiste à la Caisse d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis. Mais mon boulot, c’est toute ma vie. Je suis incollable sur les allocations santé, l’anxiété au téléphone… Je multiplie les stages pour ça. 
Pas grand chose à dire d’autre : ma vie, c’est comme mon prénom, ça ne sonne pas comme un air de fête. Pas de quoi en faire une pièce de théâtre… D’ailleurs, mes amis me rappellent souvent que je suis le fonctionnaire un peu limité, voire franchement bête, qui passe sa vie devant les séries de Canal +. Mais il ne faut pas croire que ma vie s’arrête à la CAF mais ça, chut, c’est un secret…

Metteur en scène / Loïc Cocheteux

Qui n’a jamais rêvé de voir sa vie portée sur scène ou sur grand écran ? Parce qu’après tout, dans nos vies, on a tous vécu des moments de folie, intenses, tristes, drôles, tendres, dignes d’être racontés par les plus grands auteurs ! Oui mais voilà, lorsque c’est un ami qui s’en charge en ne choisissant que certains aspects de notre existence et de notre personnalité (et forcément pas ceux dont on est les plus fiers), c’est une autre histoire…

Et c’est cette histoire que Jean Dell a choisi de nous raconter. La véritable réussite de la pièce, dans le texte ainsi que sur scène, c’est de rendre l’ensemble des personnages crédibles et humains, malgré leur caractère assez marqués, sans jamais tomber dans la caricature.

Par leur travail et leur talent,  les comédiens d’ ”Un stylo dans la tête” ont réussi ce défi et interprètent ce groupe d’amis avec beaucoup de justesse et de finesse.

Le texte bénéficie également de toute l’expérience et de l’humour de son auteur, Jean Dell, responsable de quelques unes des meilleures comédies  de ces quinze dernières années, avec un style mêlant situation burlesque, jeux de mots irrésistibles avec une pointe de cynisme…

L’auteur : Jean Dell

Jean Dell est un comédien, scénariste et auteur dramatique français. Après des débuts à la radio, il se tourne vers la scène, le cinéma ainsi que vers la télévision, où il créera et interprétera plusieurs sketchs de l’émission Les Grosses Têtes. Sa carrière de comédien le voit passer fréquemment du grand au petit écran. Il écrit aussi beaucoup avec Gérald Sibleyras qu’il a rencontré sur France inter.

Il est comédien et auteur, et s’est illustré à la télévision notamment avec Les Inconnus et Patrick Timsit. Sur France Inter, il écrit des chroniques pour Claude Villers.

Jean Dell écrit souvent des pièces de théâtre avec son ami Gérald Sibleyras. Ils ont ainsi écrit ensemble Un petit jeu sans conséquence qui a reçu 9 nominations aux Molières 2003, dont celles du Meilleur auteur francophone vivant et de la meilleure pièce de création française. Cette pièce a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2004 et a été interprétée notamment par Sandrine Kiberlain, Yvan Attal, Jean-Paul Rouve et Marina Foïs. Ils ont écrit également la comédie Le Béret de la Tortue pour le théâtre Le Splendid à Paris en 2000. On a pu voir Jean Dell dans plus d’une trentaine de films depuis le début des années 90, il est spécialiste des seconds rôles. En 2012, il signe Un stylo dans la tête interprété par Francis Perrin qui remporte un franc succès aussi bien sur les scènes parisiennes qu’en province.